Vous vendez votre résidence secondaire et vous vous demandez combien le fisc va vous prendre ? Je vais tout vous expliquer simplement. Après plus de 15 ans dans l’immobilier, je peux vous dire que la fiscalité des plus-values est l’une des questions les plus posées dans mes agences Stéphane Plaza Immobilier. C’est normal : on parle souvent de montants importants, et personne n’aime les mauvaises surprises au moment de signer chez le notaire.
La plus-value immobilière, c’est le gain que vous réalisez quand vous vendez un bien plus cher que vous ne l’avez acheté. Cette différence est imposée par l’État, sauf dans certains cas d’exonération que je vais vous détailler. En 2026, les règles n’ont pas fondamentalement changé depuis 2013, même si une réforme est discutée pour simplifier le système. Dans cet article, je vous explique comment calculer précisément votre plus-value, quelles sont les exonérations possibles, et surtout comment optimiser légalement votre fiscalité.
Comment se calcule la plus-value immobilière ?
Le principe de base
Calculer une plus-value immobilière peut sembler compliqué, mais le principe est assez simple. Vous comparez le prix auquel vous vendez votre bien avec ce qu’il vous a coûté réellement à l’achat. Si la différence est positive, vous avez réalisé une plus-value qui peut être imposable.
Prenons un exemple concret. Vous avez acheté un studio en 2015 pour 150 000 €. Vous le revendez en 2026 pour 220 000 €. À première vue, votre gain brut est de 70 000 €. Mais ce n’est que le début du calcul, car plusieurs éléments vont venir augmenter votre prix d’acquisition ou diminuer votre prix de vente.
Le prix d’acquisition majoré
Votre prix d’achat initial peut être augmenté de plusieurs frais que vous avez réellement payés. Ces majorations réduisent votre plus-value imposable, donc elles sont intéressantes à bien comptabiliser.
- Les frais d’acquisition peuvent être comptés de deux façons : soit vous avez conservé toutes vos factures et vous les ajoutez au réel (frais de notaire, droits d’enregistrement, commission d’agence si elle était à votre charge), soit vous n’avez rien conservé et vous appliquez un forfait de 7,5 % du prix d’achat. La plupart du temps, le forfait est plus avantageux.
- Les dépenses de travaux peuvent également être ajoutées si vous avez fait des travaux d’agrandissement, de rénovation ou d’amélioration. Attention, seuls les travaux réalisés par des professionnels et facturés sont déductibles. Vous pouvez là aussi choisir entre le réel avec factures ou un forfait de 15 % du prix d’achat si vous détenez le bien depuis plus de 5 ans.
Reprenons notre exemple. Studio acheté 150 000 € en 2015. Avec le forfait de 7,5 % pour les frais d’acquisition, cela ajoute 11 250 €. Avec le forfait de 15 % pour les travaux (détention de plus de 5 ans), cela ajoute 22 500 €. Votre prix d’acquisition majoré devient donc 183 750 € au lieu de 150 000 €.
Le prix de vente net vendeur
À l’inverse, votre prix de vente peut être diminué de certains frais supportés par vous en tant que vendeur. Il s’agit principalement des frais de diagnostics immobiliers obligatoires, des frais de mainlevée d’hypothèque si votre bien était hypothéqué, ou encore de certaines indemnités d’éviction si vous aviez un locataire.
Ces frais sont généralement modestes (quelques centaines à quelques milliers d’euros), mais chaque euro compte pour réduire votre assiette imposable. Conservez bien toutes vos factures pour pouvoir les justifier auprès du notaire.
La plus-value brute
Une fois tous ces calculs effectués, vous obtenez votre plus-value brute. Dans notre exemple : prix de vente 220 000 € moins prix d’acquisition majoré 183 750 € = 36 250 € de plus-value brute. C’est sur cette somme que vont s’appliquer les abattements pour durée de détention, puis l’imposition.
| Élément du calcul | Montant | Commentaire |
|---|---|---|
| Prix de vente | 220 000 € | Prix net vendeur |
| Prix d’achat initial | 150 000 € | Prix payé en 2015 |
| + Frais d’acquisition (7,5%) | + 11 250 € | Forfait frais de notaire |
| + Travaux (15%) | + 22 500 € | Forfait après 5 ans |
| Prix d’acquisition majoré | 183 750 € | Base de calcul |
| Plus-value brute | 36 250 € | Avant abattements |
Les cas d’exonération totale
La résidence principale : toujours exonérée
C’est LA règle d’or qui n’a jamais changé depuis des décennies : la vente de votre résidence principale est totalement exonérée d’impôt sur la plus-value et de prélèvements sociaux. Quel que soit le montant de votre gain, vous ne payez rien. C’est l’une des dernières grandes niches fiscales de l’immobilier en France.
Mais attention, l’administration fiscale vérifie très attentivement que le bien était réellement votre résidence principale. Plusieurs critères sont examinés : vous deviez y habiter effectivement au moins 8 mois par an, vos factures d’eau et d’électricité doivent correspondre à une occupation normale, votre déclaration de revenus devait indiquer cette adresse, et vous deviez y avoir votre centre d’intérêts principaux.
Si le bien est jugé vétuste, sans accès à l’eau ou à l’électricité, ou déclaré comme un bâtiment en ruine au titre de la taxe d’habitation, le fisc peut refuser l’exonération. Ne tentez pas de faire passer une résidence secondaire pour votre résidence principale, les contrôles sont stricts et les sanctions lourdes.
Les dépendances de la résidence principale
L’exonération de la résidence principale s’étend à ses dépendances immédiates : garage, parking, chambre de service, cave, si elles sont vendues simultanément avec le logement principal. En revanche, si vous vendez le garage séparément un an après avoir vendu l’appartement, il ne bénéficie plus de l’exonération.
Détention de plus de 22 ans
Vous êtes automatiquement exonéré d’impôt sur le revenu pour tout bien détenu depuis plus de 22 ans, quelle que soit sa nature (résidence secondaire, investissement locatif, terrain). C’est l’exonération par le temps qui récompense les propriétaires patients.
Pour les prélèvements sociaux, l’exonération totale n’intervient qu’après 30 ans de détention. Entre 22 et 30 ans, vous êtes donc encore redevable des prélèvements sociaux mais plus de l’impôt sur le revenu.
Prix de vente inférieur à 15 000 €
Si le prix de vente de votre bien ne dépasse pas 15 000 €, vous bénéficiez d’une exonération totale automatique. Cette règle concerne surtout les petits terrains, les garages isolés, ou les parts de copropriété de faible valeur. C’est un seuil de minimis qui évite de taxer les très petites transactions.
Première cession d’un logement autre que la résidence principale
Si vous n’étiez pas propriétaire de votre résidence principale au cours des 4 années précédant la vente, et que vous utilisez le produit de la vente pour acquérir votre résidence principale dans les 24 mois, vous pouvez bénéficier d’une exonération. C’est un dispositif qui aide les locataires à devenir propriétaires en vendant d’abord un petit bien d’investissement.
Les conditions sont strictes : vous devez respecter un plafond de ressources (ne pas avoir dépassé 28 150 € de revenus pour une personne seule ou 56 300 € pour un couple l’année précédant la vente), et la vente doit porter sur un logement que vous n’occupiez pas comme résidence principale.
Autres cas d’exonération spécifiques
Certaines situations particulières ouvrent droit à exonération. Si vous êtes titulaire d’une pension de retraite ou d’une pension d’invalidité et que vos ressources ne dépassent pas certains plafonds, vous pouvez être exonéré. Les résidents en établissement pour personnes âgées ou handicapées bénéficient également d’une exonération sous conditions.
La vente d’un droit de surélévation est exonérée jusqu’au 31 décembre 2026. Les biens échangés dans le cadre de certaines opérations de remembrement agricole sont également concernés.
Abattements selon durée de détention
Le système des abattements progressifs
Si vous n’êtes pas dans un cas d’exonération totale, votre plus-value bénéficie d’abattements qui augmentent avec le temps que vous avez conservé le bien. Plus vous gardez votre bien longtemps, moins vous payez d’impôts. C’est le principe fondamental qui incite les propriétaires à la stabilité patrimoniale.
Attention, les abattements ne s’appliquent pas de la même façon pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux. Il y a deux barèmes différents à connaître, ce qui complique un peu le calcul mais permet des optimisations.
Abattements pour l’impôt sur le revenu
Pour l’impôt sur le revenu au taux de 19 %, le barème actuel est le suivant. Aucun abattement pendant les 5 premières années de détention. Ensuite, vous bénéficiez de 6 % d’abattement par an de la 6ème à la 21ème année, soit 96 % au total après 21 ans. Puis 4 % pour la 22ème année, vous atteignant ainsi 100 % et donc l’exonération totale après 22 ans de détention.
Reprenons notre exemple du studio. Acheté en 2015, vendu en 2026, cela fait 11 ans de détention. Vous bénéficiez donc de 6 ans d’abattement à 6 % = 36 % d’abattement pour l’impôt sur le revenu. Sur une plus-value brute de 36 250 €, l’abattement de 36 % représente 13 050 €. Votre plus-value imposable à l’impôt sur le revenu est donc de 23 200 €.
| Durée de détention | Abattement annuel (IR) | Abattement cumulé |
|---|---|---|
| Moins de 6 ans | 0 % | 0 % |
| De la 6ème à la 21ème année | 6 % par an | 96 % après 21 ans |
| 22ème année | 4 % | 100 % (exonération totale) |
Abattements pour les prélèvements sociaux
Pour les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, le barème est différent et plus long. Aucun abattement pendant les 5 premières années. Puis 1,65 % par an de la 6ème à la 21ème année, soit 26,4 % après 21 ans. Ensuite 1,60 % pour la 22ème année, et 9 % par an de la 23ème à la 30ème année. L’exonération totale des prélèvements sociaux n’intervient qu’après 30 ans de détention.
Sur notre exemple avec 11 ans de détention : 6 ans à 1,65 % = 9,9 % d’abattement pour les prélèvements sociaux. Sur 36 250 € de plus-value brute, l’abattement de 9,9 % représente 3 589 €. La plus-value imposable aux prélèvements sociaux est donc de 32 661 €.
| Durée de détention | Abattement annuel (PS) | Abattement cumulé |
|---|---|---|
| Moins de 6 ans | 0 % | 0 % |
| De la 6ème à la 21ème année | 1,65 % par an | 26,4 % après 21 ans |
| 22ème année | 1,60 % | 28 % après 22 ans |
| De la 23ème à la 30ème année | 9 % par an | 100 % après 30 ans (exonération) |
Calcul de l’imposition totale
Une fois que vous connaissez vos deux assiettes imposables (une pour l’IR, une pour les PS), vous appliquez les taux en vigueur. L’impôt sur le revenu est de 19 % de la plus-value imposable. Les prélèvements sociaux sont de 17,2 % de la plus-value imposable.
Dans notre exemple : impôt sur le revenu = 23 200 € × 19 % = 4 408 €. Prélèvements sociaux = 32 661 € × 17,2 % = 5 618 €. Total de la fiscalité = 10 026 €. Sur une plus-value brute de 36 250 €, vous payez donc 10 026 € d’impôts, ce qui représente un taux effectif de 27,7 %. Grâce aux abattements pour 11 ans de détention, vous économisez déjà environ 3 000 € par rapport à une vente immédiate après l’achat.
Plus-value résidence principale vs secondaire
La résidence principale : le régime de faveur
Comme je vous l’ai expliqué, la résidence principale bénéficie d’une exonération totale et automatique. Aucune déclaration spécifique n’est nécessaire auprès du fisc. Le notaire vérifie simplement que les conditions sont remplies et acte l’exonération dans l’acte de vente.
Cette exonération inclut également les dépendances vendues en même temps que le logement principal, ainsi qu’un terrain attenant dans la limite de 2 500 m² (au-delà, la partie excédentaire est imposable). Si vous possédez un grand jardin de 5 000 m², seuls 2 500 m² bénéficient de l’exonération résidence principale.
La résidence secondaire : imposition de droit commun
Votre résidence secondaire suit le régime général des plus-values immobilières avec les abattements progressifs que je viens de détailler. Que ce soit une maison de campagne, un appartement à la mer ou un chalet à la montagne, vous payerez de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux selon votre durée de détention.
Seule consolation : si vous détenez cette résidence secondaire depuis très longtemps, les abattements finissent par réduire considérablement l’imposition. Après 15 ans de détention, vous êtes déjà à 60 % d’abattement pour l’IR et environ 15 % pour les PS, ce qui commence à être significatif.
L’investissement locatif
Un bien que vous avez acheté pour le louer suit exactement les mêmes règles fiscales qu’une résidence secondaire. Que le logement soit loué ou vide au moment de la vente ne change rien. Seule la durée de détention compte pour les abattements.
Certains propriétaires s’imaginent qu’un bien loué 10 ans puis occupé comme résidence principale 3 ans avant la vente pourrait bénéficier de l’exonération. C’est faux : la règle est que le bien doit être votre résidence principale au moment de la vente et l’avoir été de manière continue et habituelle. Un changement d’affectation de dernière minute ne fonctionne pas.
Les terrains à bâtir
La vente d’un terrain constructible suit le régime des plus-values immobilières classiques avec une particularité : il n’y a pas de surtaxe pour plus-value élevée sur les terrains (alors qu’elle existe pour les logements). En revanche, les abattements pour durée de détention s’appliquent normalement.
Certaines zones très tendues bénéficient d’abattements exceptionnels temporaires pour encourager la libération de foncier constructible. Ces dispositifs évoluent régulièrement selon les lois de finances, renseignez-vous sur les mesures en vigueur au moment de votre vente.
Optimiser légalement sa fiscalité
Anticiper la durée de détention
La première stratégie d’optimisation est de garder votre bien suffisamment longtemps pour bénéficier d’abattements significatifs. Vendre après 6 ans plutôt que 5 ans vous fait économiser 6 % d’impôt sur le revenu sur votre plus-value. Après 15 ans, vous êtes à 60 % d’abattement pour l’IR, ce qui divise quasiment votre impôt par deux.
Faites vos calculs avant de décider du timing de vente. Parfois, attendre 6 mois de plus peut vous faire économiser plusieurs milliers d’euros. Dans mes agences Stéphane Plaza Immobilier, nous conseillons régulièrement nos clients sur le timing optimal en fonction de leur situation personnelle.
Bien choisir entre réel et forfait
Pour les frais d’acquisition et les travaux, vous avez le choix entre le réel avec justificatifs et le forfait. Faites systématiquement les deux calculs pour voir quelle option est la plus favorable. En général, le forfait est avantageux si vous n’avez pas conservé vos factures ou si vos dépenses réelles étaient modestes.
Si vous avez fait beaucoup de travaux avec factures, le réel sera probablement meilleur. Par exemple, si vous avez dépensé 40 000 € de travaux justifiés par factures sur un bien acheté 200 000 €, le réel (40 000 €) est plus intéressant que le forfait 15 % (30 000 €). Présentez les deux calculs à votre notaire qui retiendra le plus favorable.
Conserver toutes les factures de travaux
Si vous envisagez de revendre un jour votre résidence secondaire ou votre investissement locatif, conservez religieusement toutes les factures de travaux d’amélioration, d’agrandissement ou de reconstruction. Ces dépenses viendront augmenter votre prix d’acquisition et donc réduire votre plus-value imposable.
Attention, seuls les travaux réalisés par des professionnels avec factures sont déductibles. Les travaux que vous avez effectués vous-même, même avec l’achat de matériaux, ne sont pas admis. De même, les travaux d’entretien courant (peinture, papier peint, petites réparations) ne sont pas déductibles, seuls comptent les travaux d’amélioration ou d’agrandissement.
Profiter des dispositifs temporaires
Certaines lois de finances créent ponctuellement des abattements exceptionnels pour encourager certains comportements. Par exemple, des abattements majorés sur les terrains à bâtir en zones tendues ont existé en 2017-2018. D’autres mesures peuvent apparaître selon les priorités gouvernementales.
Restez informé des évolutions législatives via votre notaire ou votre conseiller immobilier. Une mesure temporaire favorable peut être l’occasion de déclencher une vente que vous reportiez. À l’inverse, l’annonce d’un durcissement fiscal peut vous inciter à vendre plus rapidement.
Envisager la donation avant cession
Si vous envisagez de transmettre un bien à vos enfants qui souhaitent le revendre rapidement, il peut être fiscalement intéressant de le leur donner avant qu’ils ne vendent. Les enfants donataires bénéficient d’abattements sur les droits de donation (100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans), et leur prix d’acquisition pour calculer la plus-value future sera la valeur au jour de la donation.
C’est une stratégie qui demande une analyse fine et l’accompagnement d’un notaire, mais elle peut générer des économies fiscales substantielles dans certaines configurations familiales.
Erreurs fréquentes dans le calcul
Oublier les frais d’acquisition
Beaucoup de vendeurs oublient de majorer leur prix d’achat des frais d’acquisition. Pourtant, le forfait de 7,5 % représente souvent plusieurs milliers d’euros qui viennent réduire la plus-value imposable. Même si vous n’avez plus vos factures de notaire, vous pouvez utiliser ce forfait automatiquement.
Le notaire appliquera ce forfait sauf si vous refusez explicitement, mais il est de votre intérêt de le laisser faire. Sur un bien acheté 200 000 €, le forfait de 7,5 % ajoute 15 000 € à votre prix d’acquisition, ce qui réduit votre plus-value d’autant et vous fait économiser environ 5 000 € d’impôts.
Confondre durée de détention et durée d’occupation
Pour les abattements, seule la durée de détention compte, pas la durée d’occupation effective. Si vous avez acheté il y a 12 ans mais que vous n’avez occupé ou loué le bien que 8 ans, vous bénéficiez quand même des abattements pour 12 ans de détention. Ce qui compte, c’est la période entre l’achat et la vente, pas l’utilisation effective.
Penser que l’exonération résidence principale nécessite une durée minimum
Il n’y a aucune durée minimum de détention pour bénéficier de l’exonération résidence principale. Vous pouvez acheter un appartement, y habiter 6 mois, le revendre avec une plus-value importante et être totalement exonéré, du moment qu’il était bien votre résidence principale au moment de la vente.
Cette règle permet par exemple aux personnes mutées professionnellement ou aux retraités qui déménagent de vendre sans fiscalité même après une courte période de détention.
Ne pas déclarer une plus-value exonérée
Même si votre plus-value est totalement exonérée (résidence principale, bien détenu plus de 30 ans), votre notaire l’indique sur l’acte de vente et vous devez mentionner cette information sur votre déclaration de revenus l’année suivante. Vous ne payerez pas d’impôt supplémentaire, mais l’information doit figurer sur la déclaration pour le calcul de votre revenu fiscal de référence.
Cette déclaration peut avoir un impact sur certaines prestations sociales ou aides qui dépendent du revenu fiscal de référence (APL, bourses étudiantes, etc.). C’est rarement pénalisant, mais c’est une obligation administrative à ne pas négliger.
Négliger la surtaxe pour plus-value élevée
Si votre plus-value imposable (après abattements) dépasse 50 000 €, une taxe supplémentaire s’ajoute aux 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Cette surtaxe varie de 2 % à 6 % selon le montant, atteignant son maximum pour les plus-values imposables dépassant 260 000 €.
Par exemple, une plus-value imposable de 100 000 € se voit appliquer une surtaxe de 2 %, soit 2 000 € supplémentaires. Sur 200 000 €, la surtaxe monte à 4 %, soit 8 000 € en plus. Ces montants peuvent surprendre au moment de la signature si vous ne les aviez pas anticipés.
| Plus-value imposable | Taux surtaxe |
|---|---|
| De 50 000 € à 100 000 € | 2 % |
| De 100 001 € à 150 000 € | 3 % |
| De 150 001 € à 200 000 € | 4 % |
| De 200 001 € à 250 000 € | 5 % |
| Plus de 250 000 € | 6 % |
La réforme en discussion pour 2026
Les pistes évoquées
Une réforme de la fiscalité des plus-values immobilières est régulièrement évoquée depuis plusieurs années. En 2026, plusieurs pistes sont sur la table lors des débats parlementaires. La plus spectaculaire serait la réduction du délai d’exonération totale de 22 ans à 17 ans pour l’impôt sur le revenu, ce qui représenterait un gain de 5 ans pour les vendeurs.
Une autre piste consisterait à prendre en compte l’inflation dans le calcul de la plus-value. L’idée est de revaloriser le prix d’achat initial selon un coefficient d’érosion monétaire basé sur l’indice des prix à la consommation. Ainsi, on ne taxerait que la plus-value « réelle » et non la hausse artificielle liée à l’inflation.
L’incertitude actuelle
À la date de rédaction de cet article en janvier 2026, aucune réforme n’a été définitivement adoptée. Le projet de loi de finances 2026 est en cours d’examen, et plusieurs amendements ont été proposés mais pas encore votés. Le Sénat a même voté la suppression pure et simple des abattements pour durée de détention, mais cette mesure radicale a peu de chances d’être retenue en l’état.
Dans mes agences, je conseille toujours la prudence : tant que les textes ne sont pas publiés au Journal officiel, mieux vaut se baser sur les règles actuelles pour vos calculs. Une bonne surprise législative est toujours possible, mais il ne faut pas compter dessus pour prendre vos décisions.
Mon conseil pour anticiper
Si une réforme devait effectivement réduire les délais d’exonération ou mieux prendre en compte l’inflation, elle s’appliquerait probablement aux ventes réalisées après sa promulgation. Les propriétaires proches des seuils actuels (15-20 ans de détention) pourraient être tentés d’attendre une éventuelle réforme favorable. À l’inverse, si la réforme durcit la fiscalité, mieux vaudrait vendre avant son entrée en vigueur.
La meilleure stratégie reste de vous faire accompagner par des professionnels qui suivent l’actualité législative de près et peuvent vous alerter en cas d’opportunité ou de menace imminente.
Questions fréquentes sur la plus-value immobilière
Comment calculer simplement sa plus-value immobilière ?
La formule de base est : prix de vente moins prix d’achat majoré égale plus-value brute. Pour majorer votre prix d’achat, ajoutez les frais d’acquisition (forfait 7,5 % ou réel avec factures) et les travaux (forfait 15 % du prix d’achat si détention de plus de 5 ans, ou réel avec factures). Ensuite, appliquez les abattements pour durée de détention selon deux barèmes distincts : un pour l’impôt sur le revenu (exonération après 22 ans) et un pour les prélèvements sociaux (exonération après 30 ans). Utilisez les simulateurs en ligne ou demandez à votre notaire de faire le calcul complet.
Quelles sont les exonérations totales de plus-value immobilière ?
Vous êtes totalement exonéré dans cinq situations principales : vente de votre résidence principale (toujours exonérée sans condition de durée), bien détenu depuis plus de 22 ans pour l’impôt sur le revenu et 30 ans pour les prélèvements sociaux, prix de vente inférieur à 15 000 €, première cession d’un logement autre que votre résidence principale sous conditions de ressources et de réinvestissement, et situations spécifiques comme les retraités modestes ou résidents en établissement pour personnes âgées. L’exonération résidence principale est la plus fréquente et la plus avantageuse.
Quels abattements selon la durée de détention du bien ?
Les abattements augmentent progressivement avec le temps. Pour l’impôt sur le revenu : 0 % pendant 5 ans, puis 6 % par an de la 6ème à la 21ème année, puis 4 % la 22ème année (exonération totale). Pour les prélèvements sociaux : 0 % pendant 5 ans, 1,65 % par an de la 6ème à la 21ème année, 1,60 % la 22ème année, puis 9 % par an de la 23ème à la 30ème année (exonération totale). Exemple concret : après 10 ans de détention, vous avez 30 % d’abattement sur l’IR et 8,25 % sur les PS, ce qui réduit significativement votre fiscalité.
Quelle différence entre résidence principale et secondaire pour la plus-value ?
La résidence principale bénéficie d’une exonération totale automatique d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, quel que soit le montant de la plus-value et la durée de détention. Aucune fiscalité n’est due. La résidence secondaire suit le régime général avec imposition à 19 % plus 17,2 % (soit 36,2 % au total aux taux pleins), réduite progressivement par les abattements pour durée de détention. La différence fiscale peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros sur une vente. L’administration vérifie attentivement que le bien était réellement votre résidence principale (factures, déclaration de revenus, occupation effective).
Comment optimiser légalement sa fiscalité sur la plus-value ?
Cinq stratégies légales existent pour réduire votre imposition. Premièrement, gardez votre bien suffisamment longtemps pour bénéficier d’abattements significatifs (attendre 6 ans au lieu de 5 ans fait déjà une différence). Deuxièmement, choisissez entre forfaits et réel pour les frais d’acquisition et travaux en calculant les deux options. Troisièmement, conservez toutes vos factures de travaux d’amélioration réalisés par des professionnels. Quatrièmement, suivez les dispositifs temporaires d’abattements exceptionnels selon les lois de finances. Cinquièmement, dans certains cas, envisagez une donation avant cession pour optimiser la transmission familiale. Faites-vous accompagner par un notaire ou un conseiller pour l’analyse fine.
Comment Stéphane Plaza Immobilier m’accompagne sur la plus-value ?
Le réseau Stéphane Plaza Immobilier vous aide à anticiper la fiscalité de votre vente dès l’estimation de votre bien. Nos conseillers calculent avec vous la plus-value potentielle en tenant compte de votre durée de détention et des abattements applicables. Nous vous orientons sur le timing optimal de vente pour maximiser vos abattements si vous êtes proche d’un palier. Nous travaillons avec des notaires partenaires qui vérifient tous les calculs et optimisent légalement votre situation (choix forfait/réel, prise en compte des travaux). Notre expertise du marché local vous permet aussi d’estimer le prix de vente réaliste qui maximise votre gain net après impôts.
En résumé : maîtriser sa fiscalité pour optimiser son gain
La fiscalité des plus-values immobilières en 2026 reste un sujet complexe mais maîtrisable avec les bonnes informations. Le système des abattements progressifs récompense les propriétaires patients qui conservent leurs biens à long terme, tandis que l’exonération totale de la résidence principale constitue l’un des derniers grands avantages fiscaux de l’immobilier français.
Les points clés à retenir :
- La plus-value brute se calcule en soustrayant le prix d’acquisition majoré du prix de vente net vendeur.
- L’exonération résidence principale est totale et automatique, c’est l’avantage fiscal le plus important.
- Les abattements pour durée de détention diffèrent entre l’impôt sur le revenu (exonération à 22 ans) et les prélèvements sociaux (exonération à 30 ans).
- La fiscalité totale atteint 36,2 % aux taux pleins (19 % IR + 17,2 % PS), plus une éventuelle surtaxe au-delà de 50 000 € de plus-value imposable.
- Les forfaits de 7,5 % pour frais d’acquisition et 15 % pour travaux sont souvent plus avantageux que le réel, sauf travaux importants justifiés.
- Une réforme est en discussion pour 2026 mais n’est pas encore adoptée, restez prudent dans vos anticipations.
Mon dernier conseil après plus de 15 ans dans l’immobilier : ne prenez jamais une décision de vente uniquement sur des considérations fiscales. La fiscalité doit être optimisée, mais elle ne doit pas dicter votre stratégie patrimoniale globale. Si vous devez vendre pour des raisons personnelles, professionnelles ou financières, vendez. Les abattements pour quelques années supplémentaires ne valent pas toujours le coup d’attendre si votre projet de vie nécessite cette vente maintenant. En revanche, si vous hésitez et que vous êtes proche d’un palier d’abattement, patienter quelques mois peut vous faire économiser plusieurs milliers d’euros. Faites-vous accompagner par des professionnels qui calculeront précisément votre situation et vous conseilleront au mieux de vos intérêts.
Sources : Service-public.fr, Impots.gouv.fr, PAP, Immobilier-danger.com, Trackstone, Capifrance, sites spécialisés en fiscalité immobilière, consultés en janvier 2026. Les informations présentées sont basées sur la réglementation en vigueur en janvier 2026. Une réforme est en discussion au Parlement mais n’est pas encore adoptée.



